Pêche RIM-UE : Atlantic Dawn, ce qu’il en est réellement.

mardi 16 juillet 2013

Depuis quelque jours, le net relaye des informations et des réactions, suite au retour dans nos eaux du chalutier pélagique Annelies Ilena , ex-Atlantic Dawn.
Malheureusement, encore une fois, le lecteur pourrait être abusé par la forme sensationnelle sous laquelle cette information lui est présentée. Surtout si des formations politiques respectables versent elles aussi dans ce travers.

Situation et contexte antérieurs.
Pour être objectif, on aurait pu se souvenir que c’était le Président de la République actuel qui, en 2005, avait était l’auteur (...) de la décision d’exclusion de ce navire, mettant ainsi fin à plus de 5 ans de prédation de nos eaux. Au grand dam des négociateurs Européens - Mr
Deben et Cie-, mais aussi dans le mutisme le plus total de la plupart de ceux qui s’expriment aujourd’hui, et qui crachent sur un Protocole dont ils ignorent apparemment le contenu.
Pour replacer cette décision d’exclusion dans son contexte, il faut rappeler que sous le régime
antérieur des licences, un navire étranger payait un montant forfaitaire, et pêchait autant qu’il pouvait, selon ses performances. Et l’Atlantic Dawn est effectivement un navire très performant qui, de surcroît, était autorisé sur des zones où il accédait à des stocks sensibles.
Mais les choses ont évolué depuis, et la nouvelle politique des pêches est venue combler les failles et corriger les faiblesses des anciennes dispositions.

Contexte de la nouvelle politique des pêches.
Les nouvelles conditions techniques et financières, introduites à la faveur de la renégociation
l’accord de pêche avec l’UE, ont apporté une réponse adaptée et définitive à la question :
1. Le nouveau zonage a renvoyé les chalutiers pélagiques à 20 miles, au lieu de 12, ce qui met hors de leur portée les espèces sensibles que nous voulons protéger (sardinelles côtières, céphalopodes, etc.)
2. Le système des quotas fixe un tonnage à pêcher pour chaque pêcherie. Cela veut dire qu’à la fin de chaque marée, le navire se présente en rade de Nouadhibou, où sa cargaison est inspectée, et sur cette base il paie son droit de pêche. Les tonnages de la pêcherie sont comptabilisés, et cette dernière s’arrête à l’atteinte du quota négocié. Ce système s’est avéré être le meilleur, et l’UE l’appliquera d’ailleurs dans ses propres eaux dès l’an prochain (2014).
En conséquence et de ce point de vue, les dimensions ou performances du Annelies Ilena, ex-
Atlantic Dawn ne sont rationnellement plus significatives, et il peut objectivement opérer dans nos eaux sans risque et sans danger particulier, ni pour la ressource ni sur le plan de la rente. Car, Il a beau être performant, il ne dépassera pas le quota vendu, et le paiera après la pesée au port de Nouadhibou.

Etat d’application du Protocole.
Quant au Protocole, sur la suspension duquel certains font une véritable fixation, il a atteint sa
vitesse de croisière avec le retour des Hollandais. Tout le quota vendu par la Mauritanie est en cours de prélèvement, sauf les marginales 5000 T de crevettes, mais l’Espagne est déjà là depuis juillet 2012, avec une trentaine d’autres navires (voir ici liste des navires déjà opérationnels).
En sus des autres avantages et effets induits du Protocole (monopole des céphalopodes et sardinelle, 533 emplois, taxes portuaires, 2 % de captures pélagiques soit près de 3000 tonnes débarquées alimentant 10 wilayas etc.), la Mauritanie a déjà perçu, au titre de cette première année 67.000.000 d’Euros de compensation financière, et une quinzaine de millions sont en cours d’encaissement, uniquement retardés par les procédures Mauritaniennes.

Samouri Ould Ahmed Yehdhih

PNG - 78.4 ko


Commentaires

Pubs

PNG - 64.9 ko

PNG - 54.8 ko